30 nov.
13 déc.

Vie et mort de Mère Hollunder

Théâtre | Danse

Publié le

Une leçon de résistance enjouée

De et avec Jacques Hadjaje, mise en scène de Jean Bellorini

Mère Hollunder est vieille comme le monde. Elle est la mémoire du monde.

Elle se souvient de tout mais pas forcément dans le bon ordre. Aucune importance, la vie n’est pas un livre de comptes. Seule compte la vérité des sentiments. Et Mère Hollunder bouillonne de sentiments. Souvent, même, le couvercle de la marmite saute. Mère Hollunder explose. De joie. De colère. Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne se laissera pas faire. Les fantômes qui viennent la visiter ne lui font pas peur. Ils ne réussiront pas à l’entraîner vers le côté obscur de la vie. Elle connaît une parade lumineuse : résister. Son mot préféré est « non ». Un « non » joyeux, malin, déraisonnable. « Non » à la bêtise, à l’injustice, à la fatalité. Elle est une empêcheuse de se lamenter en rond. Mère Hollunder est un très vieux clown. Son rôle est de dire la vérité, comme seuls les clowns savent la dire.

Mère Hollunder est née dans une pièce de théâtre. C’est le Hongrois Ferenc Molnár qui l’a inventée en écrivant Liliom en 1909. Personnage épisodique, elle ne faisait qu’y passer, toujours ronchonnant et armée de son appareil photo. Jacques Hadjaje, qui a revêtu l’étonnant costume de Mère Hollunder dans la mise en scène de Jean Bellorini, prolonge aujourd’hui son existence et en fait l’héroïne de sa propre histoire. Il a beaucoup rêvé à elle en répétant, en se maquillant, en jouant. Un coup de foudre qui, en quelque sorte, s’est transformé en une relation amoureuse un peu plus durable. C’est de cet amour et de la conviction que Mère Hollunder se devait de prendre la parole qu’est né ce spectacle.