La priorité : les gens

Les communiqués de presse de Plaine Commune

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Déclaration du président

Publié le

Lundi 27 avril 2020

DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DE PLAINE COMMUNE

Patrick Braouezec, président de Plaine Commune, livre dans une tribune sa vision du redémarrage des chantiers liées aux Jeux de Paris 2024 et leur importance dans le traitement des inégalités territoriales.

Lundi 13 avril, le président de la République nous a fait entrevoir le premier jalon d’une issue à la crise sanitaire que nous traversons depuis près de deux mois. Et avec la perspective d’une fin du confinement, celle d’une reprise économique progressive. Mais avec quelles priorités ? 

Alors que les soignants se battent encore pied à pied avec la pandémie, la priorité du moment doit rester la protection de la santé de tous. Continuons-donc de limiter les déplacements aux salariés des seuls secteurs strictement essentiels en ces temps de crise : se nourrir, se protéger, se soigner. Pour tous les autres, ma conviction est de continuer à leur dire  « restons chez nous», tant que des risques de contamination existent.

Président d’une intercommunalité de neuf villes dans le Nord de la métropole parisienne et artisan de la première heure de la candidature aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, j’entends que la question de la reprise puisse revêtir une importance particulière, notamment pour les TPE et PME qui, sans reprise d’activité, courent le risque de la faillite. Pourtant, la réalité des maires et des élus locaux est tout autre  : trouver suffisamment de masques pour protéger tous les agents en première ligne. 

Demain, quand la protection des salariés pourra être garantie, viendra le temps de reprendre nos activités. Il faudra alors décider quelles en sont les priorités : quels sont les chantiers qui, interrompus durant la pandémie, doivent redémarrer en premier? Dans cet ordre des priorités, je place résolument ceux qui répondent aux besoins les plus essentiels des gens : des logements, des écoles, des transports, des centres de santé, des espaces publics.  

Et les Jeux Olympiques et Paralympiques dans tout cela ? Nous avons engagé notre territoire dans l’aventure des Jeux Olympiques et Paralympiques car, au-delà de la fête des deux fois 15 jours que représente l’accueil des compétitions olympiques, les Jeux laissent un héritage aux habitants du territoire. La pandémie du COVID 19 est venue cruellement rappeler les carences d’investissements publics dans notre département. Les Jeux peuvent contribuer au rattrapage indispensable auxquels les habitants de notre département ont droit. C’est pour cette raison que nous avons défendu l’idée d’un Village des Athlètes conçu comme un vrai quartier de ville, avec des logements accessibles à tous, mais aussi des équipements publics et des lieux d’activités. A ce titre, les chantiers liés aux Jeux Olympiques et Paralympiques sont tout aussi prioritaires que les autres chantiers. Ni plus ni moins que les autres.  

Mais pour que les retombées de cet événement soient réellement positives pour les habitants, nous avons défendu l’exigence d’un héritage exemplaire, en termes écologique, énergétique, social et sociétal. Or, la crise sanitaire, et avec elle le confinement, vient bousculer tous les calendriers : électoraux, scolaires, économiques. La suspension des chantiers pendant plusieurs semaines tend encore un peu plus les calendriers de la réalisation des équipements olympiques. Si le bien fondé du projet en tant qu’héritage nécessaire pour la population n’est pas remis en cause par la crise, l’incertitude que celle-ci fait peser sur la date de reprise des chantiers nous laisse à penser que les engagements que nous avions pris collectivement pourraient ne pas être tenus : l’urgence ne rime jamais avec l’exemplarité. Et l’on ne connait que trop bien les effets d’une telle pression : droit et réglementation du travail malmenés, concertation bâclée, retombées économiques locales et dispositifs écologiques sacrifiés. 

Notre engagement dans l’immense aventure des Jeux Olympiques et Paralympiques a été conditionné par ces exigences. A l’heure où la crise sanitaire révèle encore un peu plus les inégalités dont souffre notre département, il n’est pas envisageable que nous renoncions à l’ambition d’exemplarité qui nous a animée, tant dans la préparation des Jeux que dans leur héritage.   

 

 

Patrick Braouezec