De Florence à Florijah, le textile allié à l'art à Saint-Denis

Portrait | Saint-Denis

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À la rencontre de Florence Meunier, résidente au 6b à Saint-Denis

©6b

Modéliste, artiste, conceptrice, couturière, Florence Meunier, résidente du 6B à Saint-Denis a créé la marque Florijah avec laquelle elle expérimente la multitude des possibilités qu'offre le textile, afin de réaliser des projets uniques dans les domaines de l'art, du vêtement et de l'architecture. 

Cela fait 24 ans que Florence Meunier s'est lancée pleinement dans Florijah, sa marque de création et de modélisme couture. Elle a installé son atelier depuis 2010 au centre culturel de création et de diffusion du 6B à Saint-Denis. « Je partageais une boutique pendant deux ans et je me suis dis “stop”. Je commençais à étouffer, entre la production, les quantités et faire tout le temps la même chose. Je voulais produire de manière différente, revenir au sur-mesure », explique la femme de 45 ans. Résultat, plus de 16 ans de présence sur le territoire, dont 4 en tant que trésorière du 6B, et même une installation personnelle pour la créatrice originaire de Gif-sur-Yvette. « Je trouve ça génial, j’ai acheté mon appartement à L’Île–Saint-Denis il y a 11 ans, je vis complètement sur le territoire, je dirais même que je vis le territoire. »

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Un voyage, des couleurs et des inspirations

C'est à plus de 6 000 kilomètres que sont nées les premières créations de Florijah, en Inde. En parallèle de sa fin de maitrise en Arts Plastiques à l'université Paris 1, elle alterne avec les voyages dans le pays des mille couleurs, où elle confectionne ses premières pièces, notamment des robes. « C’est un pays qui m’attirait beaucoup, c’est le pays du textile indéniablement. J'ai beaucoup aimé pour les relations que j’ai nouées avec les tailleurs sur place. On a instauré une formidable façon de travailler. »Elle vendra ses premières pièces à des connaissances et dans des festivals. 

 

Pour l'instant, Florence collabore essentiellement avec des artistes (pour un tableau cousu par exemple), des galeries d'art, et réalise aussi quelques robes de mariage, et d'autres vêtements pour des « occasions particulières ». « J’ai une capacité à m’adapter. » Florijah ne compte pas cesser de grandir. Sa fondatrice souhaite s'étendre à la conception et la vente de patrons, des plans de vêtements dessinés à la main en 2D, au format numérique. « J’ai plein de projets, même si ce n’est pas si facile de lier l’expansion et la survie de l’entreprise. » Pour le moment Florence continue de penser et créer le « business modèle idéal », notamment pour pouvoir à terme engager quelqu'un pour l'accompagner dans ses projets. 

Le 10 avril dernier, elle a remporté, dans la catégorie Jeune Talent, le Prix d'Excellence de l'Artisanat d'Art, organisé par la Chambre des métiers et de l'artisanat 93, une consécration pour l'artiste modéliste. « J’étais ravie et émue. Je ne m’y attendais pas du tout. C’est une reconnaissance satisfaisante. »